STW #9 – Caroline Gentien – Cofondatrice de Simone

CAROLINE M’A DONNE RENDEZ-VOUS A 10H AUX PARIGOTS, UN PETIT CAFÉ QUI PORTE ASSEZ BIEN SON NOM. SITUE A RÉPUBLIQUE, ENTRE CHEZ ELLE ET SON BUREAU, L’AMBIANCE Y EST CONVIVIALE, SANS CHICHIS ET BON PLAN A SAVOIR : LES CHOCOLATS CHAUDS Y SONT PARTICULIÈREMENT SUCCULENTS !
NOUS SOMMES LE TROISIÈME LUNDI DE JANVIER, JOUR SENSÉ ÊTRE LE PLUS DÉPRIMANT DE L’ANNÉE… QU’EST CE QUI T’A MOTIVÉE À TE LEVER QUAND MÊME CE MATIN ?

Mon réveil tout d’abord et peut-être l’ignorance du blue monday jusqu’à ce que j’allume la radio ! Mais en général ce qui me motive à sortir du lit c’est surtout une to do liste longue comme le bras, la niaque et mes enfants qui retournent l’appart ! Il y a des matins ou j’ai la patate et l’envie de faire tout plein de choses et d’autres où je me sens comme un peu obligée… Heureusement, tout ça s’équilibre !

PEUX-TU NOUS PARLER DE SIMONE, L’APPLICATION QUE TU AS LANCÉE IL Y 2 ANS AVEC TON ASSOCIÉE FLORENCE LAPIERRE ?

Simone c’est un service de beauté, mobile. Je trouve que la formule « à domicile » est galvaudée donc j’utilise plutôt le terme « mobile » qui veut dire à la fois « on bouge » et c’est disponible sur mobile. Le principe de Simone est simple : tu te réserves le soin que tu veux, où tu veux, au jour que tu veux et à l’heure que tu veux du lundi au dimanche, de tôt le matin à tard le soir ! C’est l’élasticité horaire qui a tout son intérêt dans le service, et aussi la réactivité. Avec Simone, tu sais tout de suite si ton créneau est dispo ou non. On a commencé avec le soin des ongles, puis la coiffure et maintenant on développe le maquillage !

ET C’EST UN SUCCÈS ! ON ENTEND BEAUCOUP PARLER DE SIMONE MAIS MOINS DE SES FONDATRICES. PEUX-TU NOUS PARLER UN PEU DE TOI ? QUELS SONT LES TROIS ADJECTIFS QUI TE DÉCRIRAIENT LE MIEUX ?

Je dirais que je suis travailleuse, rêveuse et créative. On peut aborder la création d’entreprise avec des leviers très différents selon les personnes. Il y a par exemple les serial businessmen qui sont dans une approche strictement financière et puis il y a ceux dont je fais partie, qui ont un peu envie de « changer le monde », à hauteur du projet qu’ils mènent bien sûr !

COMMENT T’EST VENUE L’IDÉE DE MONTER CETTE BOITE ?

Florence avait l’idée mais ne voulait pas se lancer toute seule. Elle m’a présenté son projet et j’ai été séduite par le projet et la personne. Alors j’ai dit « Banco » ! Plusieurs fois dans ma vie je me suis dit que je réfléchissais trop, qu’à force de voir les freins plutôt que les opportunités, on ne faisait plus rien. Il faut savoir prendre des risques.
D’autre part, beaucoup de femmes se disent -ou s’entendent dire- qu’elles ne sont pas capables. Florence et moi savions que nous étions capables, et même en période de doute, l’envie de « réussir » et de trouver des solutions reste la plus forte.

ET AVEC FLORENCE VOUS TRAVAILLEZ OÙ ? VOUS AVEZ DES LOCAUX ? UN ESPACE DE COWORKING ?

Au début, on allait soit chez moi soit chez elle, ensuite on s’est fait quelques petits cafés business friendly dont le W Paris à Opéra qui est très cosy et parfaitement adapté pour des rdv biz. Le coca n’est pas le moins cher de Paris mais si tu transformes le coût horaire du coca en coût horaire d’un espace de coworking (où il faut en plus payer le coca) c’est mille fois plus rentable !
Aujourd’hui nous sommes hébergées par une boite « amie », nous n’avons pas encore nos propres locaux où nous pourrions construire une identité, une ambiance, etc. Notre approche est purement économique pour l’instant, l’objectif est de minimiser nos coûts fixes.  Mais le jour où on lèvera deux millions d’euros, on sera ravies d’avoir des locaux inspirants et conviviaux avec des espaces de mise en beauté bien sûr !

EST-CE QU’IL Y A DES ENTREPRISES QUI T’INSPIRENT, TE MOTIVENT, TE SERVENT DE MODÈLE ?

Une boite que je trouve vraiment super chouette c’est Frichti. Leur ton, leur style, leur design, te font préférer leur salade de lentilles à celle de leurs concurrents. Ils ont une capacité de renouvellement qui est importante. Quand une entreprise grossit, elle peut mécaniquement laisser de côté des choses pourtant très importantes comme la qualité, le relationnel et l’expérience proposée au client final. Ce n’est pas le cas de Frichti ! J’étais dans les premières clientes et je le suis toujours avec plaisir.
Un peu pour les mêmes raisons, j’aime aussi beaucoup Sézane. Je suis très admirative de leur capacité à conserver la justesse et la fraicheur de leurs débuts tout en innovant sans cesse.

ET EN MATIÈRE DE COMMUNICATION, COMMENT VOIS-TU LES CHOSES ?

Sézane et Frichti ont commencé par écrire un concept qui a tout de suite été très bien identifié, très bien compris et la valeur perçue côté client a été immédiate. Quand un truc est très juste dès le début, il y a cette espèce de logique qui se crée, où les gens en parlent entre eux, où tu n’as pas besoin d’investir des tonnes pour développer ta notoriété. Aujourd’hui ce sont des boites qui ont besoin de faire des volumes parce qu’elles ont un business plan à tenir donc elles s’exposent plus mais au démarrage, elles n’avaient pas à le faire et ça c’est absolument incroyable, c’est le cas de vraiment peu de boites.
Chez Simone nous avons le même objectif. On a un peu investi sur la communication mais tout s’est principalement joué autour du concept pour qu’il soit le plus juste possible, dès le départ. Le consommateur n’est pas dupe : si tu lui promets les meilleures manucures de Paris, accessibles directement depuis son mobile et que c’est faux, il s’en rendra compte et le fera savoir autour de lui. Zéro pitié !
Notre travail sur la qualité du service Simone et notre approche de marque « amie » – tout en restant super pro – ont fait leurs preuves.

EST-CE QUE TU SUIS LES CAMPAGNES DE PUB DE TES CONCURRENTS, D’AUTRES STARTUPS, OU EN GÉNÉRAL ? SI OUI EST-CE QUE TU AS DES COUPS DE CŒURS À PARTAGER ?

Bien sûr, je regarde mais pas tout le temps, sinon 1/ je perdrais en fraicheur et 2/ je perdrais du temps tout court, que je dois plutôt consacrer directement à cette chère Simone. Mais c’est sain de regarder autour de soi et l’avancée de ses concurrents donne aussi le tempo…
Je voudrais franchement saluer le culot de Chauffeur Privé qui a rebondi avec créativité sur le mail de bonne année d’Uber ! (NDLR : Uber a envoyé à tous ses clients un récapitulatif de leurs courses en 2016. Chauffeur Privé a rebondi en proposant à tous ceux qui utilisaient Uber plus de 50 fois dans l’année, d’intégrer directement le niveau haut de gamme du programme de fidélité Chauffeur Privé.)

SI TU DEVAIS ME BRIEFER DEMAIN SUR UNE CAMPAGNE, QUEL SERAIT LE BRIEF ?

Une campagne militante pour que Simone soit remboursée par la sécu !

POUR FINIR, UN MESSAGE À FAIRE PASSER ?

J’ai un milliard de trucs qui me passent par la tête… Je dirais qu’apporter du progrès dans l’accès aux services est une véritable avancée mais que les rapports humains ne doivent pas devenir exclusivement digitaux pour autant ! On ne s’enrichit pas derrière son ordi à lire son écran et à parler au téléphone… Il faut sortir de son bureau, rencontrer des gens, boire des cafés, des chocolats chauds, voir, sentir, toucher…  La vraie vie c’est interagir avec les gens, dans la réalité.