STW #8 – Chloé Sauvalle – Cofondatrice d’On s’occupe du Vin

CHLOÉ M’A DONNE RDV À L’ETNA, CAVE À VINS BRANCHÉE DE LA NON MOINDRE RUE MAZARINE. LE PRINCIPE Y EST TOUT À FAIT ORIGINAL : PAS DE CARTE, SEUL LE TENANCIER VOUS SERT LE VIN QU’IL JUGE APPROPRIÉ À VOS GOÛTS !
QU’EST CE QUI T’A FAIT TE LEVER CE MATIN, ET LES AUTRES D’AILLEURS ?

Ce matin, je me suis levée pour participer à une réunion de concertation chez GS1 France sur le thème « la filière vins et spiritueux à l’ère du numérique » qui regroupe les différents acteurs du vin dont le réseau startups de la Winetech dont je fais partie.
Dans l’absolu, je me lève de manière tout à fait pragmatique avec tout un tas de choses à faire en tête, que ce soit pour ma société « On s’occupe du Vin » ou pour le TEDxBordeaux  2017 sur lequel je suis co-licenciée !

TU AS REJOINT GRÉGOIRE DOMINGE, IL Y A UN AN ET DEMI, POUR FONDER ON S’OCCUPE DU VIN. DERRIÈRE L’ENTREPREUSEUSE, QUEL GENRE DE FEMME ES-TU ?

Pour être honnête je suis vraiment la plus mal placée pour répondre à cette question, c’est toujours un peu compliqué de parler de soi-même…
En un mot, je suis terriblement optimiste ! Je pense d’ailleurs que ça influence tous mes choix dans la vie, c’est certain. J’ai aussi beaucoup de curiosité, nécessaire pour entreprendre quelque chose. La curiosité alliée à l’optimisme donne un mélange qui peut être explosif dans le bon sens du terme mais aussi extrêmement dangereux puisqu’il fait disparaître la peur. Par exemple, je ne joue jamais au poker parce que je pense toujours que je vais avoir la bonne carte, souvent à tort… Mais je te rassure, dans mon travail, je sais être raisonnable !

COMMENT T’EST VENUE L’IDÉE DE MONTER CETTE BOITE ?

J’ai rencontré Grégoire, mon associé, et son frère, suite à ma reconversion professionnelle. Ce sont eux qui ont créé la société « On s’occupe du Vin ». J’avais un métier, j’ai décidé de le quitter et de reprendre des études dans la filière vin en me donnant deux ans pour acquérir un maximum de connaissances sur l’ensemble de la filière. J’ai obtenu des diplômes français et internationaux et j’en suis sortie avec beaucoup d’envies mais pas d’idée précise du métier que je souhaitais exercer. J’ai débarqué à Bordeaux où j’avais pas mal de contact très investis dans le développement numérique de la filière vin. Au bout de six mois à Bordeaux, je suis tombée sur un groupe de discussion qui proposait une annonce de recrutement : « startup dans le vin cherche associé ». J’ai foncé !

ET ALORS, EN QUOI ÇA CONSISTE ?

On est spécialisés dans le stockage et la logistique de vins en zone urbaine à destination des professionnels : vignerons, CHR (cafés, hôtels, restaurants), cavistes et bars à vin. Aujourd’hui, l’offre est opérationnelle à Bordeaux. Nous stockons les vins de nos clients dans un chai professionnel situé en ville et qui répond aux conditions optimales de conservation du vin. Pour les livraisons, nous proposons des prestations en vélos triporteurs : pratique, rapide et non polluant.
L’idée est de répondre à un vrai besoin : le stockage et le transport de proximité comme levier de développement commercial pour la filière vin.
Prenons l’exemple assez extrême mais édifiant de la Corse, magnifique région viticole. On s’occupe du Vin va proposer au vigneron corse qui s’est développé dans le CHR bordelais de lui prendre une palette (600 bouteilles) ou deux en « stock tampon » à Bordeaux. Résultat, plutôt que d’envoyer tous les quatre matins des cartons de vin vers le continent et de payer une fortune en transports, il va pouvoir gérer ses livraisons depuis son stock bordelais et réaliser des économies non négligeables !
Autre exemple, celui du caviste. Avec son bail commercial, il n’a pas forcément l’espace de stockage nécessaire. Stocker chez nous va lui permettre de stocker plus et donc potentiellement de baisser les coûts du produit à l’achat ! Autre avantage, il n’a plus à gérer son stock et peut optimiser son réassort grâce à notre logistique très flexible.
Notre positionnement met l’accent sur la proximité, le transport propre, la zone urbaine et la mutualisation.

ET QUELLES SONT LES PROCHAINES ÉTAPES ?

On s’occupe du Vin a vocation à s’implanter dans toutes les grandes villes françaises.
Pour Paris différents lieux de stockage sont à l’étude, on devrait ouvrir nos services pour les professionnels dans le cours de l’année. Dans un deuxième temps, on souhaite également mettre en place un système équivalent pour les particuliers. Il faut pour ça être en capacité de livrer dans la journée et pour l’instant nous n’en n’avons pas les moyens.

QUAND ON PENSE START-UP ON PENSE SOUVENT BABYFOOT, LOCAUX DESIGN, ÉQUIPE FUNKY ETC, QU’EN EST-IL CHEZ VOUS ?

Nous avons un babyfoot ! Nos bureaux sont dans un espace de coworking qui s’appelle le Coolworking, composé d’une bonne cinquantaine d’entreprises. On y organise une fois par mois des dégustations de vins qu’on appelle Cooltasting ! Il y a une ambiance extrêmement enrichissante tant du point de vue humain que du point de vue professionnel.

EST-CE QU’IL Y A DES ENTREPRISES QUI T’INSPIRENT, TE MOTIVENT, TE SERVENT DE MODÈLE ?

Honnêtement, non. Tout simplement, ce qui m’inspire le plus c’est de travailler avec des gens qui viennent de secteurs et d’horizons complètement différents. L’échange et le partage de connaissance est essentiel pour moi.

COMMENT TU COMMUNIQUES ET COMMENT TA COM A ÉVOLUÉ DANS LE TEMPS ?

On communique essentiellement sur les réseaux. Malheureusement, on est confrontés à ce grand problème des débuts d’une startup : être deux et en plein développement ! C’est difficile d’être sur tous les fronts donc on anime comme on peut notre page Facebook mais ce n’est pas notre priorité pour l’instant. Pour nous, la communication étant en B2B, elle se fait essentiellement au travers du réseau, de la filière, des salons, des partenariats, etc.

SI TU DEVAIS ME BRIEFER DEMAIN SUR UNE CAMPAGNE DE COM À RÉALISER, QUEL SERAIT LE BRIEF ?

C’est compliqué parce que des idées farfelues et géniales y’en a plein à avoir mais ça me semble plus facile à appliquer au B2C. En B2B, la com géniale, c’est plutôt de la com sérieuse. Aujourd’hui le particulier n’étant pas encore du tout d’actualité, je ne peux pas me permettre d’y réfléchir. Donc pour l’instant, sur le B2B, mon brief c’est tout simplement de réussir à se rendre visible auprès des professionnels !

POUR FINIR, UN MESSAGE À FAIRE PASSER ?

En 2017, vous pouvez compter sur nous, on s’occupe du vin !