STW #6 – Delphina Tomaszewska – Fondatrice de Dresswing

BRANCHÉE MAIS PAS GUINDÉE, DELPHINA M’A DONNÉ RENDEZ-VOUS AU BAR DU GRAND PIGALLE HÔTEL, LE NOUVEAU LIEU CHIC DE SOUTH PIGALLE. C’EST DONC UN VERRE À LA MAIN ET CONFORTABLEMENT INSTALLÉE DANS UN CANAPÉ EN VELOURS QUE JE COMMENCE L’INTERVIEW…

 

DELPHINA, TU ES À L’ORIGINE DE DRESSWING, UN NOUVEAU CONCEPT QUI DEVRAIT VOIR LE JOUR TRÈS BIENTÔT, EST-CE QUE TU PEUX M’EXPLIQUER DE QUOI IL S’AGIT ?

Dresswing est un site de location de vêtements et accessoires entre passionnées de mode. L’idée est de monétiser son dressing en le partageant avec d’autres membres de la communauté et d’accéder aussi à des pièces d’exception. Ne plus acheter des pièces que nous ne porterons que quelques fois mais accéder à la pièce de nos rêves juste au moment où nous en avons besoin. Dresswing propose un nouveau moyen de consommer la mode où l’expérience prime sur la possession. C’est un peu le dressing de votre meilleure amie mais en plus grand !

COMMENT AS-TU EU L’IDÉE DE CRÉER CETTE ENTREPRISE ? QU’EST-CE QUE TU FAISAIS À L’ÉPOQUE ET QU’EST-CE QUI T’A MOTIVÉE, CONVAINCUE, DE TOUT LÂCHER ?!

C’est un ensemble de choses. Il y a 2 ans j’ai eu une expérience assez décevante avec un showroom de location de robes, les modèles étaient vieillots et ringards. J’avais envie de collections plus modernes, de jeunes créateurs. Je me suis dit qu’il y avait peut être une opportunité et puis j’ai repris ma vie chez KR Digital, l’agence où je travaillais.

L’envie d’entreprendre était de plus en plus présente, j’avais envie d’autre chose, de plus de liberté. Je rêvais de travailler dans la mode et de lancer ma marque de vêtements. Puis j’ai quitté KR pour travailler en freelance et préparer un voyage de quelques mois en Amérique Latine. Avant de partir, j’ai passé 7 mois chez My Little Paris, une expérience extraordinaire et très inspirante. Je ne suis pas restée car je savais que je voulais à mon tour créer l’entreprise de mes rêves !

Pour le reste, c’est une utilisation assidue d’Airbnb, des amies toujours planquées dans mon dressing et l’éternel « je n’ai rien à me mettre » pour le mariage de ma meilleure amie, qui m’ont peu à peu mise sur le chemin de Dresswing. Le déclic je l’ai eu à mon retour du Brésil. J’ai eu un coup de cœur pour une robe mais je ne pouvais pas me l’offrir. Je l’ai finalement achetée en me disant que je pourrais la rentabiliser en la partageant avec d’autres passionnées.

C’est comme ça que j’ai eu l’idée d’un stock apporté par les membres. Une façon simple d’avoir des collections actuelles sans dépenser d’argent…

C’est un projet qui me permet aujourd’hui de travailler entourée de vêtements sans m’asseoir sur mon expérience en marketing digital, le rêve !

QUELLE A ÉTÉ LA RÉACTION DE TON ENTOURAGE QUAND TU LEUR AS ANNONCÉ QUE TU VOULAIS LANCER DRESSWING ? EST-CE QUE TU AS REÇU DES CONSEILS OU DES MISES EN GARDE QUI T’ONT ÉTÉ UTILES ?

Mon entourage m’a toujours beaucoup encouragée et chacun m’a aidé à sa manière. En 15 jours j’avais fait une étude de marché, validé mon idée auprès de Fany Péchiodat (fondatrice de MLP) et trouvé des développeurs. C’est allé très vite. Je ne réalisais pas vraiment ce que je faisais. Je pense qu’il y a une part d’inconscience dans l’entreprenariat, il ne faut pas trop réfléchir…

LE SITE VA ÊTRE LANCÉ DANS QUELQUES SEMAINES, SI TU FAIS UN PETIT BILAN SUR CES DERNIERS MOIS QU’EST-CE QUI A ÉTÉ LE PLUS DUR ? ET LE PLUS FACILE ?

Nous serons livrés de la version Bêta du site dans quelques jours. Le projet a pris du retard à cause du développement donc je ne te cache pas que nous attendons cette livraison comme le messie !

J’ai démarré Dresswing seule, je savais parfaitement où je voulais aller et j’avais une idée très claire du produit. Mais je savais aussi que je ne pourrais pas rester seule très longtemps… J’ai avancé au maximum et petit à petit l’équipe s’est dessinée naturellement. Aujourd’hui nous sommes 3 associés : Bruno, un serial entrepreneur fan de moto, et mon frère Xavier, un grand voyageur qui se passionne pour l’univers des startups depuis le début de ses études.

J’ai globalement été très surprise du dynamisme et de la solidarité qui règnent dans le milieu entrepreneurial parisien…

CONCERNANT L’AVENIR, COMMENT TE PROJETTES-TU ? J’IMAGINE QU’ON PENSE FORCEMENT À CE QUE SERA SA BOITE DANS 2/3 ANS, COMMENT VOIS-TU DRESSWING À CE MOMENT LÀ ?

Evidemment que l’on y pense, que l’on rêve un peu en secret, mais il faut vraiment se concentrer sur le présent, son produit et ses clients. Apprendre tous les jours encore et encore. C’est le seul moyen d’avoir un futur. Le taux d’échec dans l’entreprenariat est très élevé et concerne pour la majorité des startups.

ET EN MATIÈRE DE COMMUNICATION, COMMENT AS-TU ENVISAGÉ LES CHOSES JUSQU’À PRÉSENT ? ET À L’AVENIR COMMENT PENSES-TU TRAVAILLER SUR L’IMAGE DE TA MARQUE ET SA NOTORIÉTÉ ?

Je viens du milieu de la communication digitale, j’ai répondu à des problématiques d’acquisition d’audience pendant des années. Je connais donc bien les mécaniques pour faire de l’acquisition à moindre coût mais je ne compte pas pour autant les utiliser. Le marketing c’est le nerf de la guerre, mais il y a énormément de techniques de Growth Hacking qui permettent d’acquérir une cible ultra affinitaire pour 0€. Notre objectif est de créer une communauté de confiance, engagée et passionnée qui utilisera Dresswing dans son quotidien pour consommer la mode autrement, de manière plus responsable. Pour l’instant le bouche à oreille fonctionne très bien, nous avons une communauté de 1 000 membres alors que le site n’est pas encore lancé !

Je pense que lorsque l’on a un bon produit et que l’on s’adresse à la bonne cible, les choses se font naturellement.

EST-CE QUE TU SUIS LES CAMPAGNES D’AUTRES STARTUPS ? EST-CE QUE CERTAINES T’ONT PARTICULIÈREMENT MARQUÉE ?

Evidemment ! C’est important de sortir, d’échanger, de rencontrer des gens et de partager nos tips. J’ai eu la chance de rencontrer et de travailler avec les fondatrices de Selectionnist, (le Shazam de la mode). Je suis complètement accro à l’appli !

 SI TU DEVAIS ME CONFIER LA RÉALISATION D’UNE CAMPAGNE POUR DRESSWING, QUEL SERAIT LE BRIEF ?

Réussir à « désaisonnaliser » la location de vêtements (très liée à la période des mariages pour l’instant…) en positionnant Dresswing comme l’alternative aux sites de dépôts-vente en ligne.

POUR FINIR, UN MESSAGE À FAIRE PASSER ?

Dresswing cherche un CTO, aidez nous à trouver la perle rare !